l’huitre

Deux fois l’an, je retrouve ce mal-être. Les émotions me submergent. Je pense à toi plus que d’habitude. Je pense à nous. Je pense surtout à elle et à ses dégâts.

Deux fois l’an, j’erre au milieu de ma vie quotidienne. Je sanglote un peu et puis quand je m’y attends le moins, le flot de larmes arrive d’un coup. Comme une massue. Je me repose inlassablement les mêmes questions. Est-ce que je suis une si mauvaise personne ? Est-ce que tu penses à moi des fois ? Est-ce que je compte vraiment pour du beurre ? Pourquoi ?

La douleur est si puissante. La crise d’angoisse n’est pas bien loin. Je redeviens cette petite fille peu sûre d’elle, bouffée par ce manque d’affection que sa version adulte essaie de panser tant bien que mal depuis tant d’années.

C’est dans ces moments-là que je devrais sortir cette liste de choses à faire en cas de crise mais je n’y pense jamais. Ou bien après. C’est un exemple d’esprit de l’escalier. Alors à la place, je me replie sur moi-même et repense à notre dernier tête à tête. L’émotion dans tes yeux et les mots choisis avec amour et timidité. Ce jour-là tu m’as dit que tu m’aimais depuis le premier jour de notre rencontre et j’essaie de m’y accrocher comme je peux dans les moments les plus douloureux. Ceux où tu me manques le plus.

Au moins deux fois l’an; j’essaie (tant bien que mal) d’expliquer à la petite fille en moi, que oui, tu l’aimes et que oui, tu penses à elle mais que pour le reste je n’ai pas de réponses concrètes.

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